bernard@mediations.fr Le Catéchisme Infos générales Réunions à venir Commentaire Evangile Réunion Biblique PAROISSE St Nicolas
PRIER Son Vidéos Messe-Enfants Groupes paroissiaux Rencontres Catéchisme INFORMATIONS En cours3ème dimanche de Carême -Année C – Lc 13, 1-9 Opération Catastrophe L’univers est brisé depuis la faute originelle … Depuis cette rupture de l’homme avec Dieu, les catastrophes n’ont plus d’heures ; elles font même dans la discrimination. Je n’en veux pour preuve que la mort des 18 personnes de la Tour de Siloé. Plus grave encore le massacre des Galiléens par Pilate. « Qu’avaient-ils fait au Bon Dieu ? » pour être ainsi frappés. Rien de plus que toi et moi ! Je comprends d’autant moins le sort des Galiléens, massacrés par Pilate, d’autant moins que leur mort survient pendant la prière. « Qu’avaient-ils fait au Bon Dieu ? » Rien de plus que toi et moi ! Ils priaient. La prière n’a pas réussi à les sauver … De là à penser qu’ils étaient doublement coupables, il n’y a qu’un pas … un pas que l’on franchit allègrement. Ainsi pensaient les juifs : le malheur est un châtiment de Dieu. Consciemment ou inconsciemment, nous pensons de même : dès ici-bas, Dieu récompense les justes et punit les méchants. Certains mêmes, croyant connaître Dieu mieux qu’il ne se connaît lui-même, se chargent de faire ses basses œuvres… à preuve les attentats faits au nom de Dieu ici ou là. Ainsi pensaient également les Apôtres, à la vue d’un aveugle de naissance : « Maître ! Qui a péché ? Lui ou ses parents pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9, 1). L’aveugle était forcément coupable. Avec un tel raisonnement, « le plus malchanceux se désigne comme le plus coupable. » (L. Evely) … Avec un tel raisonnement, celui qui prospère est donc forcément vertueux. Il n’en est pas ainsi, affirme Jésus : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché … C’est afin que soient manifestés en lui les œuvres de Dieu. » Les Œuvres de Dieu ? Son chemin ? Aplanir les sentiers, combler les ravins, abaisser les collines, rendre droit ce qui est tortueux … L’ouvrage de Dieu ? Son chemin ? Il est dans la liberté pour le captif et l’opprimé ; dans le retour à la vue pour l’aveugle ; dans la guérison pour le lépreux ; dans l’ouïe pour le sourd, dans la vie pour le mort, dans la bonne nouvelle pour le pauvre (Lc 7, 22) … C’est là que Dieu est manifeste, que Dieu se manifeste. « Dieu ne veut pas la mort de l’homme ! » Pas plus qu’Il n’envoie la maladie. Face à elle, Il sait que « ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » (Mt 9, 12). Il envoie le médecin. Il n’y a pas de commune mesure entre un Dieu Sauveur et un Dieu Vengeur. En Jésus-Christ, le Dieu de l’Evangile est Sauveur. Les actes du Christ en témoignent. De quel droit attribuerais-tu à Dieu tes pensées ? Qui te permet de dire que, dans ta maladie ou ton malheur, c’est Dieu qui te châtie ? Qui te permet de croire que ta bonne fortune et tes succès sont le fruit de tes vertus que Dieu reconnaîtrait ? Que les humains imaginent que les choses aillent de cette manière, passe … Mais Dieu agit tout autrement … Il est vigneron : Il ne s’étonne pas du figuier planté dans la vigne, à la différence de l’homme qui en est le propriétaire et dont le seul souci est la productivité immédiate. Ce propriétaire-là est impatient et exigeant … « Dieu est le vigneron » (Jn 15, 1). Regardez ! Il déploie pour le figuier ses attentions ; il met en œuvre sa patience … Non, « Dieu ne veut pas la mort de l’homme, mais qu’il se convertisse ». Depuis la faute originelle, l’Univers est brisé … Depuis cette rupture, ce refus de Dieu, l’homme est brisé ! Depuis, les catastrophes n’ont plus d’heures ; depuis, dit Paul l’Apôtre, « ce que je fais, je ne le comprends pas … Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. » (Ro 7, 15s). Depuis la « chute », la conversion n’a pas d’heures. Elle est de chaque instant, de chaque jour. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Mais il y a mort et mort. La mort « biologique » ? Chacun de nous y aura droit. Elle est au bout d’un processus de finitude. L’autre mort qui nous coupe de la vraie vie, qui nous coupe de Dieu, n’est que l’aboutissement de l’attachement à soi … Elle est péché. Paul l’apôtre l’affirme : « Le salaire du péché, c’est la mort ! ». C’est le péché qui tue, qui nous tue. Au terme du péché, cette mort qui intervient est imposture. Elle n’est pas de Dieu. La mort, celle que je qualifierai de « véritable » en ce sens qu’elle ouvre d’autres perspectives, que je qualifierai de « véridique » en ce sens qu’elle fait la vérité, est celle qui tue en nous le péché, le mal qui nous habite. Son nom est : conversion. Elle est mort à soi, à son orgueil qui entend s'imposer et à son égoïsme qui ramène tout à lui. Elle est « grain de blé jeté en terre ». A partir du grain, au-delà de son enterrement, de sa mise en terre, s’élève l’épi chargé … Se convertir, ce n’est plus s’aimer soi-même de manière exclusive, c’est Aimer ! La vie est au bout de l’Amour. Se convertir, c’est fructifier. La vie véritable est fruit. Et Paul de dire : « Aujourd’hui libérés du péché et serviteurs de Dieu, vous fructifiez pour la sainteté, et l’aboutissement, c’est la vie éternelle » (Ro 6, 22). Le Carême est un temps privilégié de conversion … Le Carême est donc le temps de fructifier. Il se doit d’être une occasion d’aimer un peu plus, un peu mieux. Quand l’Univers se brise et quand l’homme est brisé, Dieu est à l’œuvre. Il ne geint pas ; il sauve. Au delà du mal, des catastrophes, « Il déploie la force de son bras … Il renverse les superbes. Il rassasie de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ... Il se souvient de son Amour» (Lc 1, 47-55)