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Groupes paroissiaux Rencontres Catéchisme Réunions à venir23ème Dimanche Ordinaire C - Sg, 13-18 - Philémon 9b-10-12-17 - Lc 14, 25-33 LA PART DU LION Toujours en route vers Jérusalem, vers sa Passion, Jésus délivre peu à peu son message. L’humilité, « s’abaisser pour être élevé », (nous le disions dimanche dernier), est la condition du détachement par rapport à soi. L’humilité nous délivre de nous pour nous livrer à Dieu. Un pas de plus est à faire aujourd’hui. Je m’étonne, une fois encore, des comparaisons que prend le Christ. Il fait appel ici encore à la sagesse humaine … Et bâtir une tour est de cet ordre. Avant que de se lancer dans sa construction, il est recommandé de s’asseoir, de calculer et de voir si l’on dispose des moyens pour aller jusqu’au bout. Imaginez ! Je pars en guerre (je reconnais que l’idée est étrange). Pour ce qui constitue la pire des choses qui soient, j’ai tout intérêt à m’asseoir avant que de lever mes armées et d’aller au combat. Je dois m’assurer de la victoire sinon mon royaume s’en va à sa perte et ma vie à la mort. Si bâtir une tour ou s’en aller en guerre exige autant de réflexion et de recul, suivre le Christ, donner sa vie pour Lui, s’investir pour le Royaume de Dieu en appellent aussi à la sagesse … Mais de cette sagesse de la Croix dont parle Paul : « Nous prêchons, dit-il, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens … mais pour ceux qui sont appelés, c’est le Christ, puissance et sagesse de Dieu. » (1 Co 1, 22). Voilà pourquoi ici, et dans le texte de ce jour, le Seigneur affirme : « Celui qui ne porte pas sa croix … ne peut pas être mon disciple. » Est-ce le scandale qui nous guette quand le Christ affirme : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père ou à sa mère, à sa femme, à ses enfants … il ne peut être mon disciple. » La traduction a été ici adoucie avec juste raison ; la langue hébraïque, par opposition au terme « Amour » ne connaît que le mot « haïr » … Ce qui donne dans une traduction littérale : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père etc. … il ne peut être mon disciple. » Il ne nous est pas demandé de haïr nos proches, l’Evangile y perdrait tout son sens, mais il nous est demandé de les aimer tout simplement, de cet amour qui est dû à tous et à chacun. Et si nous les aimons vraiment, ils n’éprouveront pas le besoin d’être préférés. Il est des sentiments et des comportements qui font obstacle au Royaume de Dieu. Et la préférence est de ceux-là. Elle « met en avant » (étymologie du verbe « préférer ») d’abord les siens. C’est lorsque se met en œuvre la préférence que l’égoïsme prend le pas. Avoir une préférence marquée pour les siens entraîne les multiples faveurs qui en découlent. La préférence, lorsqu’elle agit, a des faiblesses pour les siens. Elle fait dans le favoritisme et dans la partialité. Elle n’agit pas à parts égales ; elle s’offre … la part du lion. La préférence tourne sur elle, sur les siens … Il y a de la circonférence dans la préférence, du cercle vicieux et du vase clos. Et nul n’ignore que les vases clos encourent la putréfaction. Les affections exclusives ont d’étranges parentés avec les affections respiratoires : elles peuvent être infectieuses. La préférence fait dans la distinction. Elle agit par ordre de préférence : les miens d’abord … Elle a petit estomac ; elle ne tolère pas n’importe qui. Elle fait dans la différence … Elle a des catégories. Elle classe. Elle connaît et distingue les races. La préférence est discriminatoire. Elle octroie des privilèges aux siens. Elle n’est pas bon Samaritain et passe son chemin. Et quand elle est repue, elle pousse son comportement jusqu’à l’indifférence. Voilà pourquoi à faire dans la préférence, nous courrons le risque de nous couper du Christ . Préférer n’est pas aimer. La préférence agit pour soi. L’Amour pour l’autre, tous les autres. La préférence ramène tout à elle, aux siens. L’Amour amène tout à l’autre. L’Amour amène tout à Dieu. Nous nous devons d’aimer les membres de notre famille, d’honorer nos parents mais, à les préférer, nous risquons de négliger les autres. La seule préférence évangélique est celle pour les petits et les pauvres. Leur besoin d’amour est plus grand. Posons-nous donc la question même du Christ : « Qui est ma mère ? Et qui sont mes frères ? » Et la réponse tombe : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Mt 12, 46-50) La véritable parenté trouve sa source dans la paternité de Dieu. Elle élargit le cercle familial à l’humanité toute entière, aux hommes, nos frères. Voilà pourquoi le Christ nous invite à réfléchir, à prendre du recul par rapport à nos relations familiales, comme nous le ferions si nous avions à bâtir une tour … Voilà pourquoi il nous invite à être ses disciples pour rejoindre le Père dans son projet : voir les hommes, tous les hommes vivre en frères. Certes, tout cela ne va pas sans la croix. Mais ne nous a-t-il pas montré le chemin ? Nous ne saurions craindre de « marcher à sa suite, derrière lui » … Il nous a ouvert la Voie. « Il est la Vérité et la Vie. »